Nic Wilson | He Loves Me
Nic Wilson vit et travaille sur les terres du Traité n° 4 à Regina (Canada). L'artiste et écrivain est diplômé d'un MFA de l'Université de Regina, territoire du Traité n° 4, en 2019. Il a exposé son travail au Canada et à l'étranger et a reçu une bourse d'études supérieures du CRSH (Conseil de recherches en sciences humaines) en 2017. Son travail porte souvent sur la façon dont les objets, les mots et les actions peuvent devenir des portails vers différents temps, personnes et lieux. Ces portails sont des ruptures, des fissures et des trous qui peuvent être matériels, allégoriques ou métaphysiques. Ces passages sont souvent infléchis par l'expérience queer, qui conduit à des perceptions alternatives du temps et du langage.
L’action principale de la performance He Loves Me, consiste à s'asseoir à une table et à retirer un à un les pétales de chrysanthèmes, de tulipes et de roses pendant cinq heures. Lorsque les spectateurs entrent dans l'espace, l'artiste pause brièvement pour les saluer d’un regard.
Inspiré par le jeu de l'enfance "Je t’aime, un peu, à la folie, pas du tout " (une forme de divination pour voir si l'objet de notre affection nous retourne notre intérêt), ce spectacle fait écho aux personnes de la communauté LGBTQ+ et à leurs tentatives de trouver un moyen indirect de vérifier si leur désir est réciproque. En effet, ce comportement est lié à des questions de sécurité, à la peur du rejet ou, pire encore, de la violence ou de l'humiliation. Cette œuvre interroge de fait le temps qui peut être valorisé comme utile ou gaspillé. Dans le contexte hétéronormatif, le temps passé à se languir d'amour est généralement considéré comme gaspillé et enfantin. Cependant, c’est peut-être uniquement ce à quoi les personnes LGBTQ+ ont accès. La durée de ce spectacle est une lettre d'amour à ce temps “gaspillé”.
--
Nic Wilson lives and works on Treaty Four land in Regina (Canada). The artist and writer graduated with an MFA from the University of Regina, Treaty Four Territory in 2019. He has shown his work across Canada and internationally, and was the recipient of a SSHRC (Social Science and Humanities Research Council) graduate fellowship in 2017. His work is often about the way that objects, words, and actions can become portals to different times, people, and places. These portals are ruptures, cracks and holes that can be material, allegorical, or metaphysical. These passageways are often inflected by the queer experience, which leads to alternative perceptions of time and language.
For the performance He loves me, the main action is sitting at a table and picking one by one the petals off of chrysanthemums, tulips, and roses for five hours. As the audience members enter the space, the artist briefly pauses to acknowledge them with eye contact.
Inspired by the childhood game “loves me, loves me not” (a form of divination to see if the object of our affection returns our interest), this performance echoes with queer people trying to find an indirect way of checking if desire is reciprocated. Indeed, it is linked to safety issues, the fear of rejection, or even worse, violence or humiliation. This work is inevitably about time that can be valued as useful or wasted. In the heteronormative context, the time that is spent pining for love is typically regarded as wasted and childish. However, that may only be what queer people have access to. The duration of this performance is a love letter to this “wasted” time.
RDV sur notre page youtube pour visionner sa performance
